L’Iguane au meilleur de sa forme : Iggy Pop a emporté la foule en délire sur la Marktplatz de Lörrach

Il y a 50 ans , Iggy Pop et the Stooges produisait 1969 : joyeux demi-siècle Iggy !

ça claque non ? Iggy n’en finit pas de nous éblouir – il s’essaie même à une entrée en allemand – Mein Deutsch ist Scheisse – : il débarque sur scène avec le mythique I Wanna Be Your Dog  comme une fusée en partance pour la planète folie , tignasse blonde au vent, habillé au début , mais pas longtemps , balance son micro-pied  et son cuir loin au milieu de ses musiciens et le contenu de son verre dans le public ,  se balade comme chez lui un peu partout sur scène et sur la digue qui la prolonge , bref , on est pas déçu , c’est bien Iggy Pop the “Godfather of punk” , 72 ans , tout sourire tant qu’il communie avec son immense fan-club dont j’ai subi les assauts indirects pour cause de glissement collectif forcé vers la rock-star, pourtant pas avare de rapprochements chaleureux tout au long de ce super-concert. On l’aura compris , Iggy continue de déchaîner les passions à tel point que la sécurité a du calmer fermement les ardeurs de deux jeunes femmes parties à l’assaut de leur idole , même si le fou-furieux de légende justifie l’énorme capital sympathie dont il bénéficie en tendant les bras aux demoiselles , exactement comme en 1977 , l’année de The Passenger , présente sur la BO de Trainspotting ( 1996 )  pour ceux qui s’en souviennent ,  offerte ce soir dès le premier quart d’heure du concert – la foule en choeur sur Lalala-  suivie tout de suite par l’autre hit Lust For Life également  issue de l’album éponyme co-produit par la paire Bowie-Iggy Pop. Il a fallu attendre un peu plus longtemps pour le Nightclubbing  façon voix d’outre-tombe , autre création bicéphale particulièrement réussie de 1977 sur l’album Idiot.

Iggy Pop auteur-compositeur interprète partageur

Iggy Pop – du nom de son premier groupe The Iguanas-  en concert , c’est aussi bien The Stooges , son groupe originel , que l’ami prodigieux David Bowie , à qui Iggy doit la résurrection au début des années 70 – China Girl est écrite à 4 mains à cette époque – . Morceau d’anecdote : cette chanson est inspirée de Kuêlan Nguyen, muse momentanée des deux  potes , qui n’est autre que la femme de Jacques Higelin dont l’ingenieur-son et le batteur participent à la création du hit. Bowie est aussi responsable de la production de ses deux premiers albums solo . Devant les spectateurs rincés mais heureux de la Marktplatz de Lörrach , l’hommage au regretté Cameleon atteint son apotheose avec The Jean Genie repris par la foule reconnaissante. James Newell Osterberg Jr. alias Iggy est un gars généreux et apprécié qui invite volontiers des collègues musiciens sur ses albums comme Kate Pierson des B’52 , Gun’s and Roses ou Debbie Harry ; il a chanté avec Grace Jones ( inénarable interprétation de Nightclubbing ) Catherine Ringer , Izia Higelin ( Nice to be dead” chez canal+)  , Ayo, Françoise Hardy mais aussi Josh Homme cofondateur des Eagles Of Death Metal ( hélas connus et reconnus depuis le Bataclan ), Alice Cooper ou Matt Helders, le batteur des Arctic Monkeys ; sans compter les participation avec d’autres à des concerts caritatifs comme en 2014 avec Joy Division ou Bernard Sumner  de New Order .

Iggy Pop , le cinema et Jim Jarmush

Iggy Pop s’associe avec le producteur John Varvatos, ami de longue date, pour une série documentaire sobrement intitulée Punk qui revient sur l’histoire de ce style de musique, à travers “des interviews originales avec les pionniers du punk américain et les groupes anglais les plus connus” ,  notamment John Lydon des Sex Pistoles, Debbie Harry, Marky Ramone, le leader de MC5 Wayne Kramer, Jello Biafra des Dead Kennedys, Dave Grohl, Flea des Red Hot Chilli Peppers et Duff McKagan, bassiste des Guns N’ Roses. La série présente également  des photos rares et inédites, de vieilles archives vidéo  ainsi qu’une bande originale bruyante faite de réussites et d’échecs du punk .Même si aucune date de diffusion française n’a pour l’instant été annoncée, Punk est disponible depuis le 11 mars 2019 sur la chaine Epix aux États-Unis.

Telle semble être la suite logique  du film documentaire Gimme Danger présenté par Jim Jarmush au 69ème festival de Cannes en 2016  en compagnie de son ami Iggy , décrivant l’ascension du groupe The Stooges jusqu’à la chute . Il ne s’agit pas d’une première puisque Jarmush avait deja fait tourner Iggy Pop dans Coffee and Cigarettes ( 2003 ) et l’excellent film noir et blanc Dead Man ( 1995 ), un petit rôle à l’arrière de Johnny Depp . Jarmush remet le couvert en 2019 avec une production zombistique aussi originale qu’ hilarante au casting étincelant , The Dead don’t Die dans laquelle on retrouve Iggy Pop entouré de Bill Murray , Danny Glover, Tom Waits, Adam Driver… en salle depuis le 14 juin 2019.

Prochains concerts des Stimmen à Lörrach :

Cat Power le 16 juillet

Joe Jackson le 17 juillet